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Le cinéma malgache : en mal de reconnaissance internationale
En juin 1996, le public déserte les salles définitivement et toutes les salles de la capitale ferment leur porte. A partir de cette date, on parlera de « salles obscures ». A cette époque, un texte de loi sera mis en place pour la libéralisation des salles, qui ne sera jamais signé.
Dès 1975, comme la production cinématographique entre dans une phase de sommeil, les techniciens formés aux techniques cinématographiques se tournent vers les chaînes de télévisions locales et optent pour le format vidéo afin de réaliser en majeure partie des documentaires et des clips.
Quelques films de fictions ont été réalisés en vidéo : « Le prix de la paix » réalisé par Rakotozanany Abel en 1987, « Liza » réalisé par Solo Ignace Randrasana en 1995 et « Adim-Piainana » réalisé par Rakotonanahary François en 1996.
La production cinématographique ne compte que 4 films. « Dahalo, Dahalo » (voleur de zébu) le film de Ramampy Benoît sera réalisé en 1983, mais n’a pu être projeté sur les écrans de la Grande Ile qu’en 1990. Ce film fut censuré car il montrait de façon trop réaliste le problème de l’insécurité rurale.
Le film « Ilo Tsy Very » ou « La graisse ne se perd pas » réalisé en 1985 par Solo Ignace Randrasana, chronique historique sur la rébellion contre la colonisation française, une coproduction algéro-malgache qui a fait le meilleur score : 127 977 spectateurs entre 1987 et 1989. En revanche, le coût de la production n’a pu être amorti. Le réalisateur retravaille actuellement le montage car à l’époque il n’a pas eu entièrement le droit de regard sur le montage.
Le réalisateur Raymond Rajaonarivelo, lui, a décidé de s’exiler en France. Il réalisera « Tabataba » en 1988, film marquant sur les événements de 1947 qui recevra le prix spécial du jury au festival de Cannes, ainsi que « Le jardin des corps » en 1994, un court métrage sur l’œuvre du sculpteur Ousmane Sow et « Quand les étoiles rencontrent la mer » en 1996.
Même si les quelques films de réalisation malgache ont tous parcouru le circuit national entre 1971 et 1989 durant 18 à 20 mois, (un circuit difficile à cause du coût élevé des transports et de la censure), ils sont pour la plupart inconnus de la population malgache.
Le cinéma malagasy commence à intéresser le public avec des films de plus en plus variés. Le pôle Destination du Festival international du film insulaire 2006, 6e édition a été centrée exclusivement sur Madagascar. Une nouvelle salle de cinéma a été même intégralement dédiée aux documentaires, fictions, film courts et d’animation sur la Grande île. En tête d’affiche en 2006 : « Angano, Angano, nouvelles de Madagascar », après « Mahaleo » qui a été acclamé par le public en 2007. Tout a été prétexte à débats, rencontres et partage avec les invités malgaches.
L’adaptation cinématographique a connu un succès effarant ailleurs et la plupart des films d’aujourd’hui sont des adaptations si on ne cite que « Le Seigneur des anneaux », « Harry Potter » et enfin dernièrement « Da Vinci Code ». Son succès a touché les réalisateurs malgaches. Vakivakim-piainana, un roman de l’écrivain Iharilanto Patrick Andriamangatiana, est non seulement le lauréat du concours d’écriture de romans organisé par la Havatsa-Upem en 1995, mais également parmi les Å“uvres au programme scolaire. Il a également été adapté à l’écran dans un film de 2 heures qui a conservé ce titre et dont le propos reste fidèle à l’ouvrage. Il s’agit de la vie d’un jeune homme d’Antananarivo qui a fait ses études mais qui ne trouve pas de travail. Il devient l’homme à tout faire d’un commerçant malhonnête qui le fait arrêter à sa place. Ce film a été réalisé par Mandatiana Raveloarison dit Mandza et produit par Cinémédia en collaboration avec le ministère de l’Education nationale malgache pour un budget de 9 millions d’ariary (3 600 euros). Destiné aux étudiants, car l’ouvrage est au programme des classes de terminale, ce film a été projeté au cinéma Ritz d’Antananarivo le mercredi 27 décembre 2006, ce qui est exceptionnel car les séances de cinéma ont habituellement lieu les fins de semaine.