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Le cinéma malgache : en mal de reconnaissance internationale
Par ailleurs, les genres qui ont le vent en poupe en ce moment à Madagascar sont des comédies et des films dramatico-sentimentaux. Ainsi, Volomborona de Scoop Digital relate les péripéties d’un jeune homme, poursuivi par des gangsters, qui trouve refuge dans un monastère. D’une durée de 90 mn, cette fiction est sortie en salle dans la capitale en octobre 2006 et la version Vcd a atteint un record de vente avec près de 23 000 exemplaires écoulés. Le dernier-né de cette maison de production étant la 11e série de Malok’ila qui s’intitule « Shi’Yi ». Rimorimo réalisé par Berty Ramiandrisoa est pour sa part le dernier né de Raoelina Production, et évoque, pendant 1h40, le mal être d’un jeune homme. Plusieurs longs métrages vidéo prennent aussi pour thème l’amour contrarié, comme Lisaka d’Avoko ou Noely vao de Noël Rajo Ratsimandresy en 2006. En tout, une quarantaine de fictions vidéo ont été produites à Madagascar en 2006, sans compter les courts métrages. L’association Iris entend par ailleurs encourager la création cinématographique dans l’Ile en renouvelant l’expérience des Rencontres du Film Court, en avril prochain.
Il reste encore beaucoup à faire, mais à la vue du nombre croissant de films réalisés, le cinéma malgache, qui fête cette année ses soixante-dix ans, semble ne jamais s’être aussi bien porté. Sans miser à l’avenir sur la qualité plutôt que sur la quantité, il lui sera cependant difficile de trouver sa place dans les festivals internationaux et donc de se faire connaître à l’étranger.
Dotée de peu de moyens économiques, l’industrie cinématographique malgache n’en est qu’à ses débuts. En fait, les premières œuvres furent des documentaires, comme celui de Raberono en 1947 à l’occasion du centenaire de la mort de Rasalama. Le premier moyen-métrage de fiction est L’Accident de Benoît Ramampy, en 1972 ; l’année suivante, Ignace-Solo Randrasana évoque l’exode rural dans le premier long-métrage malgache, Le Retour.
Voir des films malgaches reste difficile. Il est certain cependant que la Grande Ile, avec ses décors naturels, son passé tumultueux et le talent de ses auteurs, devrait voir naître un cinéma vivant dans un avenir proche. En attendant, le film Tabataba, de Raymond Rajaonarivelo, a fait un tabac au festival de Cannes 1988. C’est l’histoire de la révolte de 1947, revue dans son contexte culturel et spirituel. Cinéastes et interprètes se perfectionnent en attendant que le développement économique du pays ait aussi des conséquences sur la production.
On peut visionner les films malgaches dans les gargotes-vidéothèques de certaines villes… En France, à l’AUDECAM (Cinémathèque Afrique du ministère des Affaires étrangères). 6, rue Ferrus, 75 683 Paris Cedex 14 & 01 43 13 11 15 – Fax : 01 43 13 11 25. Pour se procurer les cassettes vidéo : Productions de La lanterne, 8, avenue de la Porte-de-Montrouge, 75014 Paris & 01 45 34 47 39. Fax : 01 45 39 02 96 – Web : www.lalanterne.fr – Voir aussi le site : www.africa-cinemas.org.
Avant de partir, les images permettront de savourer le voyage ; au retour, elles permettront de le poursuivre, ou de le revivre – en pensée tout du moins. Toutes ces cassettes sont disponibles à la vente.
Madagascar s’est retrouvée sur le devant de la scène cinématographique internationale pendant l’été 2005, lors de la sortie en salle du dessin animé Madagascar. Celui-ci rapporte l’histoire d’Alex, un lion qui est la star du zoo de New York, où il vit en compagnie de ses compères le zèbre Marty, la girafe Melman et l’hippopotame Gloria. Curieux, notre lion décide de s’échapper et de partir à l’aventure avec une bande de pingouins : les quatre amis finissent par échouer sur les côtés d’une île aux senteurs vanille : Madagascar. Dure, dure, la vraie jungle !
Bien sûr, ce film n’est pas une production malgache.