Ambohimanga ou la colline bleue

Un des portails du Rova d'Ambohimanga

Un des portails du Rova d’Ambohimanga

A 21 km au nord d’Antananarivo, au cœur de l’Imerina, la cité historique d’Ambohimanga, colline sacrée par excellence (Vohitra Masina) est une visite incontournable : le site d’Ambohimanga est d’ailleurs classé au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis décembre 2001. Madagascar a consacré officiellement le vendredi 6 février 2004 l’enregistrement du site colline royale d’Ambohimanga dans la liste du patrimoine mondial. La promenade est belle, le site plein de charme et son histoire fascinante.

Haut-lieu de la royauté Merina et berceau de l’unification de l’Imerina, grâce aux conquêtes de son roi Ramboasalama qui devint par la suite le grand roi « Andrianampoinimerina » (Le Seigneur au cœur de l’Imerina) après la prise d’Antananarivo en 1794. Ambohimanga Rova est la source de la dynastie qui a porté à son apogée le royaume Merina, lequel -fort de la reconnaissance officielle du Royaume-Uni- se rebaptise « Royaume de Madagascar« . Les fameuses 12 collines du pays de l’Imerina devenaient unies et dirigées par un seul roi.

Avec son énorme disque de pierre et son poste de guet, c’est un lieu paisible pour une journée à la campagne : le temps semble s’y être arrêté au début du XVIIIe siècle…

Du rova, la vue porte aux confins des hauts plateaux. On distingue, créant une sorte de cercle autour de la colline bleue de Madagascar, les collines sacrées. Chacune d’elles correspondait à un royaume. Le roi Andrianampoinimerina (noble désiré de l’Imerina, aussi appelé Imboasalama, géant vigoureux) avait épousé douze princesses afin de fortifier son royaume par le biais des alliances. Ici, près du lac sacré d’Amparihimasina (où se déroulaient jadis des cérémonies rituelles), il avait établi une forteresse (comme en témoignent les enceintes défensives creusées, ou hadivory) et un palais. Ses descendants perpétuèrent cette tradition. Andrianampoinimerina (1787-1810) a régné 7 ans avant de transférer la capitale du royaume à Antananarivo. Bien qu’Antananarivo eût ravi la place de capitale du royaume à Ambohimanga, le roi ne voulut séparer le destin des deux Rova. Il déclara: « Je ne veux point les séparer, car c’est au Rova d’Ambohimanga que j’ai régné et c’est à Antananarivo que j’ai formé le royaume ». Le village fût fondé en 1700 par Andriatsimitoviamin-Andriandrazaka. Ville sainte et colline sacrée de la monarchie merina, il resta interdit à tout étranger jusqu’en 1897 en raison des tombeaux royaux. Andrianampoinimerina fut inhumé à Ambohimanga (1810) – comme les Reines Ranavalona I et Ranavalona II. En 1897, Gallieni décida de transférer et de rassembler à Antananarivo les corps des souverains.

La colline sacrée d’Ambohimanga est un de ces hauts lieux de l’histoire que le visiteur ne se lasse pas de parcourir et de découvrir. Résidence d’Andrianampoinimerina à la fin du XVIIIe siècle, elle recèle d’importants vestiges du Rova (la ville royale), ainsi qu’un ensemble de lieux sacrés où les Malgaches viennent toujours se recueillir pour prononcer des voeux (souhaits).

UNE DES 7 MERVEILLES DE MADAGASCAR

Formé d’une superficie de 59 ha avec 3,6 km de périmètre et d’une zone tampon de 425 ha avec 11 km de périmètre, le site d’Ambohimanga est une des 7 merveilles de Madagascar. La colline bleue d’Ambohimanga recèle et reflète le génie et la sagesse malagasy qui ont su mettre en harmonie son environnement et sa culture. Elle constitue un exemple d’ensemble architectural (le « rova« ) et de paysage culturel associatif (bois et lacs sacrés) et associe des évènements historiques à des traditions et croyances (culte des ancêtres) toujours vivantes et ayant une valeur universelle.

LES PORTES

  • La porte dite « Ambatomitsangana« . Située à l’Est, cette porte forme un des deux accès principaux de la grande enceinte fortifiée: une pierre circulaire de plus de 4 mètres de diamètre était roulée chaque soir et chaque matin par plusieurs dizaines d’hommes pour en condamner l’entrée. En suivant le chemin on se dirige directement vers:
  • la porte dite « Ambavahaditsiombiomby« . Autrefois réservée au souverain cette porte naturelle est formée par deux rochers.
  • La porte de « Miandrivahiny« : Nord de l’Enceinte, un des deux accès où devaient obligatoirement passer les cadavres. On peut encore observer son disque en pierre très bien conservé.
  • La porte dite « Amboara« . Nord de l’Enceinte – à côté du lac Sacré d’Ampanihy.
  • La porte dite « Andakana » (Haute et basse): situées à l’Ouest, une des deux grandes portes de l’Enceinte principale. Disque bien conservé.
  • La porte dite d’ »Ampitsaharana » Sud.
  • La porte dite d’ »Andranomatsatso » Sud – disque bien conservé.
  • La porte dite d’ »Antsolatra« -Sud.

LES PLACES

La petite place dite « Ambatorangotina« : cette place était autrefois le lieu où se tenaient les « Kabary ». C’était à l’ombre des « Amontana » qu’étaient prises les décisions importantes: les diverses lois y étaient proclamées, et le roi y rendait la justice.
La grande place dite de « Fidasiana » située devant le mur du Rova. C’était là qu’avaient lieu les fêtes importantes. D’immenses « Amontana, espèces de figuiers sacrés, Jacarandas, Filaos et « Aviavy » semblent insensibles au temps qui passe. Sur cette place, on peut remarquer une vaste estrade ainsi que la pierre sacrée où fut intronisé Andriananmpoinimerina. C’était également l’emplacement du premier Rova, dont il ne reste aucune trace.

LE ROVA

Ambohimanga Photo, Photo du Rova d'Ambohimanga

Ancienne photographie du Rova d’Ambohimanga

Il contient la case d’Andrianampoinimerina. On peut lire une inscription « Ici a vécu et a régné le grand Roi Andrianampoinimerina, 1788-1810« . Cette case a été fidèlement conservée, seul la couverture de toiture originalement en chaume a été remplacée par des bardeaux.
La Maison de repos de Ranavalona: deux pavillons en bois à étage où l’on peut voir les balustrades ouvragées – la salle de réception en bas, sa chambre et celle de sa dame de compagnie à l’étage. On peut également remarquer la salle de jeu vitrée, située au dessus de la case du gardien, le parc à bœufs, la porte royale, les bassins sacrés…

 

 

Pratique

L’entrée du site coûte 7 000 Ar. Compter environ 45 min de visite. Les photos sont autorisées dans l’enceinte, mais pas à l’intérieur, dans les chambres. A ce jour, quatre guides assurent la visite des lieux. Un petit pourboire est toujours bienvenu, à votre discrétion. Jeanine (de la famille du conseiller du roi !) parle très bien français et propose une découverte plaisante et cultivée de l’ensemble. Une brochure peut aussi vous être remise. Droit de parking : environ 200 Ar. Compter 700 Ariary en taxi-brousse depuis Ambodivona à Antananarivo (près du marché) pour venir jusqu’ici (ligne H). Un taxi pour 3h environ (aller-retour et visite) revient à 30 000 Ar environ. Sinon, la location d’une berline tourne autour de 70 000 Ar pour une journée, carburant en sus. Pas évident quand même.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Ambohimanga se prénommait à l’origine Tsimadilo, puis Andriamborona le transformera en Ambohitrakanga (la colline des pintades) et c’est sous Andriamasinavalona qu’elle deviendra Ambohimanga (colline bleue). Le site historique se présente comme une enceinte fortifiée de 2,5 km environ composée de 2 rangées de fossés est percée de 14 entrées. Un bon tiers de ces visiteurs, les mpanasina, y sont venus pour faire des offrandes, invoquer les ancêtres.

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