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Les malagasy se définissent avant tout par rapport à leur milieu. C’est un être social, qui prend le temps d’aller à l’encontre l’autre, de l’écouter, de s’informer sur lui et les siens. Ce dialogue constant, ce partage, les Malagasy l’entretiennent au quotidien mais également à l’occasion de nombreuses fêtes à caractère folklorique ou religieux.

Chaque peuple de l’île a des traditions, une identité de groupe…. mais tous se considèrent comme Malagasy
Les malagasy se réfèrent constamment au temps d’avant, à l’aînésse, à l’antériorité. Ces repères dictent leur pensée et la trame sociale. C’est vers les ancêtres divinisés ou « razana » que se portera le culte des malagasy, ceux-ci ayant pouvoir d’intercéder auprès du dieu omnipotent, l’« Andriamanitra » (le Seigneur Parfurmé) ou du dieu créateur l’« Andriananahary » (le Seigneur Créateur). Le culte des ancêtres est une institution politique de la monarchie. Du culte populaire de famille et des petites communautés qu’il était, le culte des ancêtres a été dévoyé, puis littéralement confisqué par la monarchie. Par évolution de la pratique populaire spontanée, on est venu à une pratique étatique organisée, structurée. Les « razana », les « sampy », les « ombivolavita », les « Talasora », y sont à l’honneur. Et par leur vertu d’efficacité (HASINA), ils sont au service de la personne du souverain, au service de la monarchie. Ainsi, l’institution sociale est devenue politique. Et elle s’est donnée une idéologie. La monarchie va exploiter les croyances populaires. La mort n’est qu’une étape dans la vie des Malgaches et il y a une continuité entre la vie et la mort. La monarchie va utiliser cette continuation. A Ambondrombe, il n’y aura rien de nouveau, l’ordre et la hiérarchie n’y sont que prolongement, sinon la transposition pure et simple de l’ordre et de la hiérarchie de la vie terrestre. Les choses sont absolues et éternelles, immuables. Dans cette légende d’Ambondrombe, nous voyons la mise en place de l’idéologie royale, une justification des inégalités sociales et politiques.
Célébrer les ancêtres procède de la science de la vie, car ils sont porteurs de pouvoirs, les défenseurs de la vie sur terre, matérielle et spirituelle. Chaque ancêtre garde son individualité et ses attaches familiales. Il révèle son pouvoir à travers des « ordres sacrés » qui régissent l’organisation politique, culturelle et médicale de la famille ou de la communauté. « Razana » sera donc consulté à chaque grande occasion marquant de la vie. On lui fera de temps en temps quelques gâteries.
Notons qu’en déhors de la religion traditionnelle, Madagascar compterait environ 40% de chrétiens et 200.000 musulmans.
Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par les Hauts plateaux, Madagascar chante et danse.
Pas seulement sur des rythmes modernes, pas forcément sur des variétés au goût du jour international. Les traditions sont bien vivantes, dans toutes les régions du pays, dans toute leur diversité. Nul besoin d’électricité, de scène et d’artistes professionnels pour faire vivre la culture populaire. Les interprètes sont paysans ou pêcheurs, les spectacles sont donnés lorsque la terre se repose, lorsque la mer est trop mauvaise, quand vient la saison des grandes fêtes familiales ou religieuses. Le folklore malagasy est une explosion de joie où chacun se retrouve avec tout le monde. Dans une Grande île tellement imprégnée de la mémoire des ancêtres, les chants et les danses rappellent la profondeur des racines en même qu’ils divertissent la communauté. Leur diversité est à la taille du pays aux dix-huit peuples, même si d’évidents cousinages se révèlent d’une région à l’autre. Au-delà des spécificités régionales, la féerie des voix et des couleurs est la même chez les « Mpihira Gasy » du centre, dans les ensembles de l’Est avec leurs femmes habillées d’une longue robe multicolore et coiffées d’un chapeau de paille, ou chez les danseurs du Sud mimant le vol des oiseaux. Lire Musiques et Danses de Madagascar.
Les peuples de Madagascar nourrissent un calendrier de fêtes coutumières très dense et varié
Héritiers d’une longue tradition orale, les Malagasy sont aussi très habiles de leurs doigts, très ingénieux. A tel point que la découverte des mille facettes de l’artisanat pourrait faire l’objet de circuits spécifiques. Voir liste des principaux centres d’artisanat. Fidèle à leurs traditions les peuples malgaches n’en restent pas moins ouverts à l’extérieur. Ainsi, on ne s’étonnera pas que l’accordéon et la guitare aient leur place dans les groupes de musiciens ou que le djembé africain et les girafes en raphia soient des produits courants sur les marchés artisanaux.
La culture malagasy se présente sous diverses manifestations artistiques, linguistiques, religieuses, intellectuelles et morales qui le définissent par rapport aux autres. La culture est l’essence même de son identité nationale, elle est la base de la souveraineté et de la fierté de son pays. Elle donne un sens à la vie de chaque Malagasy et l’enrichit sur le plan social et économique.
A l’heure de la mondialisation, Madagascar devra plus que jamais favoriser son développement culturel. La culture emploie plus de 2.000.000 Malagasy. Les activités artistiques et culturelles arrivent presque au dernier rang parmi les secteurs de l’économie du pays. Les industries culturelles, en plus de renforcer l’identité malagasy, créent des emplois et pourront rapporter des devises.
Le gouvernement malgache devra favoriser la production, la commercialisation et la distribution pour encourager la diffusion des livres, films, enregistrements sonores malagasy sur le marché national. Il doit également étudier la possibilité d’aménager des crédits d’impôt à l’investissement pour stimuler la production de ces Å“uvres. Il devra également prendre des mesures pour encourager la diffusion des Å“uvres en faveur des artistes malagasy à l’étranger.