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Les malagasy se définissent avant tout par rapport à leur milieu. C’est un être social, qui prend le temps d’aller à l’encontre l’autre, de l’écouter, de s’informer sur lui et les siens. Ce dialogue constant, ce partage, les Malagasy l’entretiennent au quotidien mais également à l’occasion de nombreuses fêtes à caractère folklorique ou religieux.
Les malagasy se réfèrent constamment au temps d’avant, à l’aînésse, à l’antériorité. Ces repères dictent leur pensée et la trame sociale. C’est vers les ancêtres divinisés ou « razana » que se portera le culte des malagasy, ceux-ci ayant pouvoir d’intercéder auprès du dieu omnipotent, l’« Andriamanitra » (le Seigneur Parfurmé) ou du dieu créateur l’« Andriananahary » (le Seigneur Créateur). Le culte des ancêtres est une institution politique de la monarchie. Du culte populaire de famille et des petites communautés qu’il était, le culte des ancêtres a été dévoyé, puis littéralement confisqué par la monarchie. Par évolution de la pratique populaire spontanée, on est venu à une pratique étatique organisée, structurée. Les « razana », les « sampy », les « ombivolavita », les « Talasora », y sont à l’honneur. Et par leur vertu d’efficacité (HASINA), ils sont au service de la personne du souverain, au service de la monarchie. Ainsi, l’institution sociale est devenue politique. Et elle s’est donnée une idéologie. La monarchie va exploiter les croyances populaires. La mort n’est qu’une étape dans la vie des Malgaches et il y a une continuité entre la vie et la mort. La monarchie va utiliser cette continuation. A Ambondrombe, il n’y aura rien de nouveau, l’ordre et la hiérarchie n’y sont que prolongement, sinon la transposition pure et simple de l’ordre et de la hiérarchie de la vie terrestre. Les choses sont absolues et éternelles, immuables. Dans cette légende d’Ambondrombe, nous voyons la mise en place de l’idéologie royale, une justification des inégalités sociales et politiques.
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