LES DOUZE COLLINES SACREES DE L'IMERINA

Le Palais d'Andafiavaratra Le Palais de la Reine Ambohipotsy Andohalo jadis

Les collines sacrées de la capitale, au nombre de douze, peuvent séduire ceux qui prennent le temps de découvrir la région. Elles portent la mémoire des trois siècles passés.


Le carré des annonceurs

Gagnez un chèque de 15 000 Euros en participant au grand concours Capjeux
Annoncer ici
Antananarivo est entourée de collines. Le royaume de Madagascar s’est édifié à partir de ces positions stratégiques. Parmi les douze collines sacrées que vénèrent les habitants de l’Imerina, Ambohimanga, qui abrite la cité interdite d’Andrianampoinimerina, est un lieu incontournable. Mais d’autres sites, comme Imerinkasinina ou Antsahadinta sont aussi dignes d’intérêt. Les sites d’Andranoro, Ambodihady, et Ambohidratrimo sont tout proches de la capitale. De toutes les façons, chaque crête est un lieu chargé d’histoire.

Chacune de ces collines était auparavant le centre d’une puissance rivale d’Analamanga (la forêt bleue, aujourd’hui Antananarivo). Le roi Andrianampoinimerina soumit les rois de chaque micro-Etat, puis les y réinstalla de façon symbolique pour qu’on le prie et qu’on l’invoque ; depuis, on célèbre les douze collines sacrées, en mémoire à cette institution politique et spirituelle de ce fameux monarque. On a dit que ces collines correspondaient aux lieux de résidence des douze épouses royales, mais ce n’est pas tout à fait juste : ainsi, Fenoarivo, qui n’est pas une colline, abrita deux des épouses du petit (par la taille) grand (par l’esprit) roi.

Les pitons sont des citadelles ; les collines abritent des anciens palais et des tombeaux royaux ; les amoncellements rocheux cachent des sanctuaires de la religion des ancêtres que pratiquent presque tous les Malagasy. Cette religion non-écrite, perpétuée par la tradition orale depuis deux mille ans est empreinte de tolérance, et les visiteurs sont acceptés dans les lieux saints avec cette gentillesse et cette qualité d’accueil si spécifiquement Malagasy.

Chaque parcours a lieu dans de beaux paysages, chaque étape aboutit à un lieu empreint d’histoire et chargé de mythes. La capitale est le point de départ de belles excursions, qui peuvent se faire en vtt ; en outre, il est possible de se loger chez l’habitant, en échange d’une participation financière modique pour le logement et les repas. C’est une façon de partager la vie des villages de l’Imerina. Il est aussi possible de bivouaquer ou de camper, en toute sécurité.

Pour ces questions d’hébergement en milieu rural, il convient de prendre contact avec le Fokonolona (l’assemblée villageoise) qui mettra tout en œuvre pour rendre votre séjour agréable. Il est juste indispensable de respecter les fady des lieux, de ne pas oublier que toute réunion (notamment avec les Fokonolona) commence par un fomba offert par le vahiny, le visiteur (rhum rouge partagé entre les vivants et les ancêtres). Il faut aussi prendre en compte la psychologie Malagasy : les villageois sont aussi fiers qu’hospitaliers, ils ne demandent rien.

Il convient donc d’aborder avec gentillesse et simplicité les questions matérielles (participation aux frais d’hébergement, prix des repas, etc.) car en ce domaine, tout s’improvise.

Eden Lodge
Un écolodge 100 % solaire à Nosy Be/Madagascar
AMBOHIDRATRIMO
Photo non disponible
A 15 min du centre d’Antananarivo, au sommet d’une colline entourée de rizières, le village d’Ambohidroa-Antehiroka abrite le sanctuaire du roi Andriambelomasina, grand-père d’Andrianampoinimerina, qui date du XVIIIe siècle. Ce dernier et Andriamanelo y ont fait édifier une pierre levée en hommage à leurs ancêtres en ce lieu où Andriambelomasina avait son palais. De nos jours, de nombreuses personnes viennent se recueillir près de la pierre levée et invoquer les esprits d’Andrianampoinimerina et de son grand-père pour leur adresser des requêtes et des vœux. En effet, selon la religion ancestrale Malagasy, l’esprit de chacun des trois rois est accessible en ce lieu. Les visiteurs emportent aussi un peu de terre sacrée recueillie au pied de la pierre levée. Des visiteurs Malagasy, mais aussi comoriens, viennent se recueillir. A la fin du XXe siècle, des Réunionnais ont sacrifié un zébu en remerciement des vœux exaucés. Le gardien, M. Rasolonjatovo, nous a raconté que, alors qu’il habite un village éloigné, une nuit Andrianampoinimerina lui est apparu en rêve pour lui dire qu’il l’avait désigné pour venir au rova d’Ambohidratrimo, en lui demandant de tenir le lieu propre, d’y accueillir les visiteurs avec courtoisie. Il est venu la nuit même, puis a construit un tamboho, une enceinte. Depuis lors, il y habite, et s’en occupe quotidiennement. On pénètre dans l’enceinte de terre (une muraille de tamboho) du sanctuaire. Au centre, un espace clos d’une palissade de bois entoure la pierre levée vatolahy. À gauche, la petite maison du gardien est attenante à une salle de recueillement, qui jouxte la pièce rouge Valamena, destinée à recueillir les dons et offrandes en remerciement des vœux exaucés. Heures de visites du rova de 7h30 à 17h30, tous les jours, sauf le mardi (jour fady). Le gardien ne vous demandera rien. Il est de coutume de faire une offrande pour les ancêtres (un peu d’argent et un petit flacon de rhum que l’on remettra au gardien). Il est fady (tabou) d’amener porcs, oignons, ail, chèvres, poulets.

AMBOHIDRABIBY, un paysage majestueux dans un site historique…
Ambohidrabiby
Située tout près d’Antananarivo, à 30 min de la capitale, la colline d’Ambohidrabiby offre une escapade très agréable pour une journée de pique-nique ou de méditation. Du sommet se dessine à perte de vue le paysage ponctué des collines de l’Imerina. Au loin, on voit Antananarivo dont on devine le Rova. Les nuages blancs passent lentement dans un ciel bleu intense tout proche. On contemplera avec ravissement le couchant et les ombres des arbres et des maisons rouges, puis la nuit, d’un tout autre bleu, les étoiles apparaîtront peu à peu. Au XVIe siècle, le roi Ralambo s’était installé sur cette colline. On peut y voir des vestiges du mur d’enceinte ainsi que les douves de la place forte qu’il y avait fait édifier. C’est, lui aussi, qui décida en premier de domestiquer le zébu, jusqu’alors parfaitement sauvage.

On accède à Ambohidrabiby en taxi-brousse, en auto, en moto, en taxi en suivant la RN3 en direction d’Anjozorobe (bifurquer sur la droite au km 20, où l’on pourra d’ailleurs admirer une pierre levée en l’honneur de Ralambo, aujourd’hui un lieu de culte et de sacrifices).

ANTSAHADINTA, un lieu privilégié pour connaître l’histoire des Merina
Antsahadinta
Antsahadinta, ou "Le Champ aux sangsues" se trouve à 20 km environ au sud de la capitale. Pour s’y rendre, il est possible de prendre un taxi-brousse depuis le lac Anosy, à Tana. La route est très mauvaise sur la fin. Compter 3 000 FMG. Entrée du site payante, mais ce n’est pas très cher. Lors de notre passage, le guide était un licencié d’histoire (!) qui connaissait extrêmement bien son sujet : très plaisant de s’entendre raconter les mille et une anecdotes de la conquête des hauts plateaux ou les rapports avec les ethnies côtières.

Au milieu des arbres royaux séculaires, Amontana (ficus Baroni et ficus trichophlabia) et Aviavy (figuier) – des arbres autrefois seulement plantés sur des sites nobles, car les ancêtres les considéraient comme sacrés, pénétrés d’une force magique –, dans l’une des rares forêts des ancêtres qui subsistent sur les Hautes Terres (où jadis pullulaient des petites sangsues, dinta en Malagasy, d’où son nom), à 1 404 m d’altitude, Antsahadinta est un lieu privilégié pour connaître l’histoire des Merina et méditer tranquillement devant de superbes paysages. Les vestiges historiques du XVIIIe siècle, comme les tombeaux des différents souverains, les fossés de fortification ou les cases en bois ne sont pas aussi bien conservés qu’à Ambohimanga, mais le charme opère quand même. En plus, il y a fort à parier que vous vous retrouverez presque seul, ce qui est très appréciable pour s’imprégner pleinement de l’atmosphère des lieux. Le premier roi dont on ait connaissance ici fut Andriamangarira (vers 1725). C’est lui qui creusa sept fossés (hadivory) pour fortifier la ville. Vers 1794, Antsahadinta devint l’une des douze collines sacrées d’Andrianampoinimerina, qui y plaça son épouse Rabodozafimanjaka. Celle-ci et son père Andriantsiramanjaka, prince d’Alasora, construisirent le rova ou palais royal, un vaste quadrilatère d’environ 500 m2, afin d’abriter les maisons, les tombes royales et le kianja (lieu où l’on prononce les discours et les édits royaux). Le tombeau du premier roi est en revanche bâti sur un rocher (que l’on peut voir à l’entrée du site). Cependant, la reine fut accusée de comploter contre le grand roi son époux, et dut subir l’épreuve du tangena (un violent poison faisant office d’ordalie – ou jugement de Dieu), à laquelle elle succomba.

Plus tard (en 1825), Radama I construisit une école où l’on apprenait à travailler l’argent et surtout la soie. Des missionnaires anglais étaient chargés de l’éducation et de la formation des jeunes enfants, et sont très probablement à l’origine de l’église réformée (protestante), qu’on dit l’une des plus vieilles de l’Imerina, et qui fut remaniée plusieurs fois par la suite, comme en témoignent les stèles commémoratives à l’intérieur. N’attendez donc aucune merveille incomparable à Antsahadinta : mais le site est très agréable, le petit musée bien conçu et passionnant, et les alentours fascinants, tant pour les paysages que pour les populations rencontrées, très accueillantes. L’occasion de passer une excellente journée culturelle autour d'Antananarivo et de s’échapper du tumulte des rues congestionnées.

ILAFY
Le Rova d'Ilafy
C’est là, sur la troisième colline sacrée, que résidait autrefois la caste des bourgeois. Il est possible de visiter le Rova (entrée : environ 3 000 Ar), reconstitué en 1967. Descendre du taxi-brousse (ligne H, compter 200 Ar) à l’usine Somacou, puis marcher pendant une petite demi-heure.

On pourra s’arrêter sans crainte au restaurant Le Poney. Il est même possible de loger dans le coin.
LE SUC DE LA RUCHE. PK 8, route Nationale n° 3, Lot AK-02-II ter, Ankadikely-Ilafy & 22 532 82/22 533 08 (restaurant) – Fax : 22 532 83. E mail : suc@wanadoo.mg – Trente-quatre chambres tout confort (climatisées, sanitaires privés, eau chaude, TV, téléphone, bureau…). Grande salle de restaurant. Séminaires. Discothèque. Ambitieux (prétentieux ?). Vastes chambres lumineuses, où l’on respire avec plaisir le palissandre, très confortables et surtout très spacieuses. Les prix sont de 32 000 Ar la double, vignette comprise, 37 000 Ar la triple, 52 000 Ar la suite avec deux grands lits, ce qui n’est pas cher du tout vu les chambres. Néanmoins, on peut pour l’instant s’y sentir (très) seul. Au restaurant Le Miel, spécialités surtout européennes. Si vous êtes prêts à vivre un peu éloigné d'Antananarivo, dans un environnement qui n’a rien non plus de grandiose, votre porte-monnaie s’en montrera ravi.

AMBOHIMANGA, La cité interdite sur la colline bleue.
Ambohimanga
Des sept portes d’entrée, une seule demeure, ocre rose d’un côté, vermillon de l’autre, terre de Sienne au centre. 16 millions de blancs d’œufs ont été nécessaires pour construire le mur extérieur : on les utilisait comme de la chaux ! La case royale d’Andrianampoinimerina (appelée Mahandrihono) ressemble en bien des points à celle de sa résidence d’Antananarivo. On remarquera des échelons sur les trois piliers en palissandre : le roi se cachait en effet tout en haut lorsque des visiteurs pénétraient dans sa demeure ; il laissait sa femme leur parler, afin de mieux les juger, puis jetait un caillou s’il consentait à les recevoir lui-même. Alors l’épouse royale faisait sortir ses hôtes et le roi pouvait tranquillement redescendre ! Autre précision d’importance : le gracieux souverain ne mesurait que 1,45 m !

La maison de Ranavalona III est très charmante avec ses balustres laqués et ses balcons. Demandez au guide, s’il ne le fait pas lui-même, d’ouvrir les tiroirs des meubles de la chambre de la reine et de vous en traduire les inscriptions. Il vous dira : « Ranavalona, donne-moi un travail ! Ranavalona, donne-moi un beau mari ! Ranavalona, donne-moi une longue vie ! Ranavalona, donne-moi la fortune ! Ranavalona, donne-moi une fiancée ! Ranavalona, donne-moi un enfant… ». Vous n’écrivez rien, c’est interdit. Ces vœux s’adressent à l’esprit de la reine qui peut aider les vivants.

A côté de la chambre de la reine, un belvédère, entouré de baies vitrées surplombe le panorama. C’est la salle du Conseil des ministres. Le gouvernement s’y réunissait autour de Ranavalona.

Parcourez l’enceinte du rova, faites le tour des fortifications, retrouvez la pierre des sacrifices. Ambohimanga est un lieu de sérénité. De nombreux autres vestiges archéologiques sont éparpillés sur la colline : tombaux royaux extérieurs (Mahazaza), fontaine royale d’Adranomboahangy, colline de Mangabe (où se trouve le tombeau du devin guérisseur astrologue), etc. Une journée est vite passée en compagnie de l’histoire…

Une histoire mouvementée, à ce propos : ainsi l’épisode de l’exhumation des tombeaux royaux par Gallieni, en mars 1897. Le général avait en effet décidé de supprimer tous les symboles de la souveraineté Merina, et donc de transférer les dépouilles royales d’Ambohimanga à Antananarivo (dont celles d’Andrianampoinimerina, Ranavalona Ier et II), un mois à peine après avoir exilé la reine Ranavalona III. Un sacrilège inconcevable. Les corps furent transférés au palais des Rois, où ils rejoignirent celui de Radama Ier, qui y reposait déjà. Avant qu’un siècle plus tard, le 6 décembre 1995, une nouvelle profanation (tout aussi criminelle, probablement) scelle davantage encore l’étrange destin de ces reliques souveraines. A l’entrée du site au niveau des étals d’artisanat, on peut gagner le restaurant Abohimanga Rova. En semaine, il est possible de réserver des spectacles de danse traditionnelle pour 100 000 FMG. Le samedi et le dimanche, les artistes se produisent spontanément : un petit présent n’est pas superflu. Menu à 30 000 FMG (plus le service), cuisine Malagasy. Cadre agréable, belle vue alentour, plaisant quand il fait chaud, un peu froid au cours de l’hiver (juillet et août).

ANTANANARIVO, Voyage au cœur de l'Imerin'ambaniandro

Antananarivo
Autour d'Antananarivo, au cœur de l'Imerin'ambaniandro, s'étendent les Hautes Terres de l'Imerina. Ici, au XVIIIe siècle, s'est constitué le royaume qui donna naissance à l'Etat malagasy, lorsque le roi Andrianampoinimerina énonça son objectif d'unir tous les peuples de la Grande île. Sa devise est « Ny arivo lahy tsy maty indray andro » où « les milles hommes ne meurent pas en un jour ». Antananarivo, appellée familièrement Tana est la capitale de Madagascar. Située au milieu de l'axe nord-sud du pays, elle constitue réellement la porte d'entrée du tourisme malagasy. C'est là que convergent vols internationaux et nationaux, et qu'on y transite obligatoirement pour réduire les distances d'une région à l'autre. Nous vous conseillons de rester dans la capitale, Antananarivo, d’en saisir l’essence profonde, et de visiter quelques villages et Rova de l’Imerina, dans la région des hauts plateaux. Un parcours historique et coloré sur les traces des rois Merinas qui ont uni les peuples de Madagascar, en compagnie de l’une des populations les plus attachantes du pays, sur fond de rizières infinies.

Les meilleures destinations touristiques de Madagascar

LES ACTUALITES DE LA VILLE